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  • christophealexisbi

Hard et Soft Power

Dernière mise à jour : 5 avr.


Paysage urbain - rive gauche Huxley, rive droite Orwell
Hard et Soft Power les deux font la paire !

Spinoza, Nietzsche, Camus, Orwell… tout le monde y va de sa citation favorite ! Allons pour Orwell. Je cite en surlignant quelques points forts qui pourraient se passer d’articulation :

 

La propagande totalitaire n’a pas besoin de convaincre pour réussir et même que ce n’est pas là son but. Le but de la propagande est de produire le découragement des esprits, de persuader chacun de son impuissance à rétablir la vérité autour de soi et de l’inutilité de toute tentative de s’opposer à la diffusion du mensonge. Le but de la propagande est d’obtenir des individus qu’ils renoncent à la contredire, qu’ils n’y songent même plus. Cet intéressant résultat, l’abasourdissement médiatique l’obtient très naturellement par les moyens de ses mensonges incohérents, péremptoires et changeants, de ses révélations fracassantes et sans suite, de sa confusion bruyante de tous les instants.

Orwell anticipait et il n’était pas de ceux qui ignorent la leçon que nous donnaient nos ancêtres à travers des métaphores comme celle de la malédiction de Cassandre, néanmoins n’a-t-il pas vraiment connu l’ère de l’IPhone et du "social network". Il n'a rien d'un écran austère notre tout petit et fantastique téléphone à tout faire! Notre précieux. Et ce visage unique de la dictature propageant l'aliénation dans 1984 prend toutes les formes que nous espérons, que nous désirons, que nous fantasmons. Orwell n’a pas vécu cette charmante époque qu’est la nôtre où Apollon a enfin mis la vérité dans toutes les bouches. Au flot ininterrompu d’informations incohérentes, péremptoires et changeantes, de révélations fracassantes et sans suite (pour reprendre l’auteur), de bruits et de chocs et de conflits d’opinions tels que la vérité ne fait plus sens, s’ajoute enfin cette dernière touche qui permet au dieu de la perfection au masculin d’obtenir ce fabuleux résultat : ceux qui ne renoncent pas à contredire, ceux qui sentent encore assez de vigueur et de puissance pour rétablir la vérité autour d’eux se multiplient tant et avec une telle bonne conscience qu’ils participent à  la Grande Confusion !  Tous et toutes ont dorénavant leur audience, leur notoriété à lustrer et le droit de dire n’importe quoi, tant que le fake n’est pas trop grossier. Les internautes les plus partisans demeurant persuadés que la puissance d’internet leur permettra d’améliorer le monde grâce à la diffusion quotidienne de leurs opinions.


Opinions qui sont majoritairement le reflet des intérêts particuliers.


Pas parmi les vrais intellectuels dira-t-on ! En oubliant à quel point l’intellectualisme peut conduire à désirer un zéro  inatteignable et à sombrer dans l’abscondité. Cela touche autant les artistes que les intellectuels. Notons que parmi ceux qui s’enorgueillissent de leur savoir, une large majorité n’a fréquenté le temple, le vieil ermite exotique, la bibliothèque ou la philosophie (…), que par carriérisme, passion pour le savoir, sensiblerie pour telle ou telle cause, ou amour  propre (plus je suis cultivé et sage, mieux je passe en société).


Ironiquement, le tout laisser dire et la fameuse théorie du complot qui en est ressortie, ont creusé le fossé entre ceux qui s’estiment sachants et les profanes sensibles au populisme (souvent les gens en difficulté ou en souffrance). Mieux encore,  ce nouveau facteur de confusionnisme produit à lui tout seul ce dont parle Orwell : le découragement des esprits, le ras-le-bol de cette vérité des vainqueurs pour les uns et de celle qui se noie dans le populisme pour les autres. La culture du positivisme ajoute une cerise à ce gâteau : la vérité n’existe pas, c’est à chacun la sienne. La dictature n’a donc pas à être aussi austère que l’atmosphère dégagée par l’œuvre de l’auteur, elle ressemble même plus à la société dorée et bien-pensante de Huxley. Un meilleur des mondes donc, dorénavant globalisé, dans lequel les privilégiés côtoient la misère et les inégalités les plus flagrantes comme si elles étaient une fatalité qui fait partie du décor. 

Un « objet » de transport quotidien  reflète parfaitement cette comédie dramatique : Une rame de métro où les passagers doivent supporter l’odeur d’un miséreux  stigmate  de notre belle société, bien que leurs multiples « objets » de préoccupation leur permettent de ne plus le voir. Tous persuadés d’être sages et légitimes, contrairement à ce déchet inadapté, qui tente de faire des affaires avec notre pitié. Quelle vérité appartient à cet homme ? Peu importe, devant de tels écarts d’existence, la vérité ne fait plus sens. 

"Soyez positifs mes frères et sœurs, ne vous laissez par envahir par la négativité de cet Homme qui accepte sa misérable condition pour quelques sous."


Non sans résignation et un soupçon inavoué de fatalisme, la bonne conscience nous dira que les choses étaient déjà semblables au Moyen-âge ! Et je serais d’accord, bravo, belle intervention de la meilleure des meilleures ! Pourtant, ce qui change, c’est le nombre. Le nombre et la puissance absolue, la toute-puissance, qui sépare les partis pris tout en les enchainant les uns aux autres, dans une procession GLOBALE vers les abattoirs. La bonne conscience est toujours prompte au consentement parmi ceux qui ont quelques moyens, et avouons que le progrès social, la mal bouffe, Top budget et l'Android pour tous l'aide à con/vaincre ceux qui demeurent dans le besoin. Elle a donc pour elle le courant dominant, celui qui entraine le nombre. Rappelons que le complexe de la bonne conscience s'est fortement posé lors de l'abolition de l'esclavagisme : si tout le monde a droit aux privilèges offerts par la société, que l'Homme demeure sans éthique dans l'exercice de ses pouvoirs et qu'une immense masse ouvrière se met à proliférer dans le confort offert, qui va payer le prix de nos possessions et supporter le poids d'une telle usine ? D'un tel conditionnement de masse par le système du travail aveugle et de la récompense matérielle ? En se référant aux premières catastrophes écologiques constatées par les romains face à la croissance vorace de l'urbanisme à l'échelle d'un empire, il était évident que le prix serait payé par la nature elle-même! Les machiavels de l'époque, en bon spéculateurs, savaient que la forêt et ses habitants attendraient encore quelques siècles avant d'avoir des avocats. Gardons à l'esprit que pour convaincre les pouvoirs de la nécessité d'abolir l'esclavagisme, les premiers humanistes ne pouvaient se permettre d'invoquer la morale ou ce que nous nommons de nos jours les droits de l'Homme. L'argument gagnant était l'aura du libérateur en matière d'électorat à moyen terme, la postérité, ainsi que les profits et le gain de productivité d'une servitude volontaire organisée.

 

Mon dieu, mais le crime est presque parfait dirait un Hitchcock !


Tous coupables, donc plus de coupables, dans le meilleur des mondes marchands… Une grande victoire pour l’auteur de tous les crimes : l’Orgueil.


« L’enfer, c’est les autres » n’était pas une citation à prendre au premier degré !


Hard et Soft Power ... Les deux puissances qui font la paire… Et plus si affinité.


Que dire d’Orwell ? L’Homme s’est consumé pour nous livrer un fragment de vérité et nous, nous le consommons pour nous faire valoir, rien de plus.


L'homme avait une écriture aussi puissante que les foules sont aveugles et leurs « corps rompus »!

Match nul entre le petit Poucet et le Léviathan... Le vaillant penseur résiste et fume, brûle de tous côtés et en face, perdu dans la foule, le nombre, l'individu est sans visage, sans nom, sans libre arbitre. Quelle pitié! Un bien mauvais sentiment. Dépassons-le... Plus nous courons vers le futur, en expansion croissante, plus le domaine du passé, de la mémoire donc, se réduit à peau de chagrin. Même phénomène, dualité et symétrie obligent.


Dans sa défaite, l'orgueil des philosophes de salon se demande encore comment nous en SOMMES arrivés là ? Les farceurs !


Par l'instrumentalisation désastreuse du pouvoir du logos... et du logos du pouvoir.


Je vous propose un « négatif » de l’impression d’Orwell :"Le maître de la guerre sait qu'il ne peut vaincre sans avoir con/vaincu. Le but de la déconstruction du langage est de produire un ré-enchantement et un réveil de l'esprit, de révéler à chacun son pouvoir de rétablir la vérité autour de soi et de l'utilitarisme de toute tentative de s'opposer à la diffusion du mensonge et des illusions.


CAB & HC Black's


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A bientôt dans un prochain échange, par lecture interposée.


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